Journée internationale de la fille 2025 : JERH mobilise la jeunesse contre les unions précoces et forcées

Le 11 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la fille, célébrée cette année sous le thème « Des filles libérées des unions forcées », la Jeunesse Engagée pour la Renaissance d’Haïti (JERH), en partenariat avec Plan International Haïti et le Gouvernement Jeunesse d’Haïti (GJH), a organisé un atelier de réflexion et de sensibilisation au restaurant La Réserve, à Pétion-Ville.

Réunissant plusieurs dizaines de jeunes filles, de leaders communautaires et d’acteurs engagés, cette rencontre avait pour objectif d’ouvrir un dialogue autour des défis auxquels font face les adolescentes haïtiennes, tout en encourageant une mobilisation collective en faveur de leur droit à l’enfance, à l’éducation, à la sécurité et à la dignité.

Une journée pour défendre les droits des filles

Instituée par les Nations Unies, la Journée internationale de la fille vise à attirer l’attention sur les inégalités persistantes auxquelles les filles sont confrontées partout dans le monde. En Haïti, malgré un cadre juridique qui interdit le mariage des enfants, les unions précoces et forcées continuent de compromettre chaque année l’avenir de nombreuses adolescentes.

Consciente de cette réalité, la JERH a souhaité faire de cette journée un véritable espace de dialogue, de sensibilisation et de plaidoyer en réunissant les jeunes autour d’une réflexion collective sur les causes, les conséquences et les solutions à ce phénomène.

Un espace de dialogue et de propositions

L’activité s’est articulée autour d’un panel de discussions structuré en trois grandes thématiques :

les causes profondes des mariages précoces en Haïti, entre pressions économiques, traditions et normes sociales ;

les conséquences de ces unions sur les filles, leurs familles et le développement de la société haïtienne ;

les politiques publiques, les mécanismes de protection et les actions citoyennes nécessaires pour prévenir et combattre ce phénomène.

Les échanges ont ensuite laissé place à des ateliers participatifs au cours desquels les participantes ont élaboré des recommandations concrètes destinées à renforcer la protection des filles et à promouvoir leurs droits.

Un appel à la responsabilité collective

Dans son intervention, Stéphanie Sophie Louis, présidente du Gouvernement Jeunesse d’Haïti et coordonnatrice générale de la JERH, a rappelé que la lutte contre les unions précoces constitue une responsabilité collective.

« C’est une situation alarmante qui nous appelle toutes et tous à la réflexion. Non pas parce que nous détenons seuls les solutions, mais parce que nous avons le devoir de participer activement à leur recherche face à une problématique qui touche directement notre société. »

Elle a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans l’éducation, l’autonomisation des jeunes filles et le renforcement des mécanismes communautaires de protection.

Une crise qui accentue la vulnérabilité des filles

Cette initiative s’inscrivait dans un contexte particulièrement préoccupant pour Haïti. La crise sécuritaire, les déplacements forcés de populations, la précarité économique et la dégradation de la situation humanitaire accroissent considérablement les risques auxquels sont exposées les adolescentes.

Selon les données présentées durant l’atelier, plus de 1,3 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays en 2025, dont une majorité d’enfants. Parallèlement, les violences sexuelles et basées sur le genre ont atteint un niveau sans précédent, touchant principalement les femmes et les jeunes filles.

Les statistiques du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) rappellent l’ampleur de cette crise, avec des milliers de victimes recensées au cours de l’année, faisant des adolescentes l’une des catégories les plus vulnérables. Dans ce contexte, certaines familles considèrent encore le mariage précoce comme une stratégie de survie, alors qu’il constitue en réalité une grave violation des droits fondamentaux de l’enfant.

Agir dès aujourd’hui pour protéger les générations futures

Intervenant également au cours de la rencontre, Neyssa Senélier, ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme du Gouvernement Jeunesse d’Haïti, a rappelé que la violence, la faim et l’extrême pauvreté exposent chaque jour davantage de jeunes filles aux unions forcées et à différentes formes d’exploitation.

Elle a lancé un appel à une mobilisation nationale en déclarant :

« Le mariage précoce est une violation des droits de l’enfant. Il prive les filles de leur enfance, de leur éducation, de leur autonomie et de leur dignité. Agir aujourd’hui, c’est protéger leur avenir. »

Une jeunesse engagée pour le changement

Au terme de cette journée, les participantes ont adopté une série de recommandations portant notamment sur le renforcement de l’application des lois existantes, l’amélioration des mécanismes de protection des filles, le développement de campagnes nationales de sensibilisation ainsi que l’implication accrue des familles, des écoles, des organisations de jeunesse et des autorités publiques.

À travers cette initiative, la JERH réaffirme son engagement en faveur des droits des filles et de l’égalité des chances. L’organisation demeure convaincue que la lutte contre les mariages précoces passe avant tout par l’éducation, la sensibilisation, le dialogue intergénérationnel et une mobilisation durable de l’ensemble de la société haïtienne